Le monde des morts

© photo Louvre.edu

Charon passant les ombres

Pierre Subleyras (vers 1735)

 

Lorsque Flaminius descend dans la chambre souterraine pour trouver la clé de l'énigme, il franchit, à sa manière, la barrière qui sépare le monde des vivants de celui des morts. D'après la légende représentée sur la toile, Charon, le nocher des enfers, faisait traverser les âmes des morts dans sa barque moyennant une obole.

"Sa torche éclairait une pièce relativement vaste, trois pas sur trois à peu près, et où on pouvait sans peine tenir debout. Elle avait pour mobilier une table et un lit. Sur la table, étaient disposés un bol et un broc, qui avaient dû contenir du lait et de l'eau, un plat de terre cuite, vide lui aussi, et une lampe à huile éteinte. Sur le lit, reposait la vestale ou ce qu'il en restait. Minucia était là, allongée. C'était un squelette. Elle lui souriait de toutes ses dents et le fixait de ses yeux vides, dans sa robe de prêtresse. Il s'approcha sans faiblir et avança la main [...] et il découvrit un objet sombre au milieu de la robe claire. C'était un stylet fiché entre ses côtes. Plutôt que de mourir lentement d'asphyxie ou de soif et de faim, Minucia avait préféré mettre fin à ses jours. Il s'approcha un peu plus encore et il aperçut un objet près d'elle, sur le lit. Il s'agissait d'une tablette d'argile semblable à celle que Florus avait trouvée dans sa chambre, après le meurtre de sa mère. Il la prit et l'approcha de sa torche... Non, Minucia ne s'était pas suicidée tout de suite en arrivant. Elle avait auparavant écrit un message, sans doute avec le stylet qu'elle s'était ensuite enfoncé dans le cœur. Le message était bref, juste deux mots en majuscules :« INSONS PEREO », « Je meurs innocente ».